17/02/2026, Bruxelles – Pour la cinquième fois, l’Organe de Coordination pour l’Analyse de la Menace (OCAM) et l’Institut Egmont ont organisé une conférence conjointe dans le cadre du projet outreach de l’OCAM. Le thème de cette édition était : « La menace djihadiste : 10 ans après les attentats de Bruxelles ». L’événement a réuni un large éventail de partenaires de l’OCAM, parmi lesquels des autorités locales et des experts académiques.
Le directeur de l’OCAM et les ministres de l’Intérieur et de la Justice soulignent l’importance de l’échange d’informations et de la collaboration
Dans son discours d’ouverture, le directeur de l’OCAM, Gert Vercauteren, a souligné que ce colloque a lieu dans une année particulièrement symbolique. D’une part, l’Organe de coordination commémore le dixième anniversaire des attentats du 22 mars 2016 ; d’autre part, il revient sur ses vingt ans d’existence. Depuis la commission d’enquête parlementaire mise en place après les attentats, des avancées majeures ont été réalisées en matière de partage de l’information et du renseignement. La Stratégie T.E.R. structure aujourd’hui la concertation entre l’ensemble des services concernés, avec la Banque de données commune qui constitue la colonne vertébrale d’une approche sur mesure. En outre, Gert Vercauteren a souligné la complexification croissante du paysage de la menace, rendant plus que jamais indispensables une collaboration intégrée et un échange fluide d’informations.

Le ministre de l’Intérieur, Bernard Quintin, a également réaffirmé l’importance d’une collaboration étroite entre universitaires, experts et acteurs de la sécurité. Dans une société confrontée à de nouvelles technologies et à une vague de désinformation, un large soutien sociétal et institutionnel est indispensable pour endiguer les menaces et protéger notre démocratie. L’échange d’informations entre partenaires permet de prendre des mesures politiques et législatives efficaces et de lutter ensemble contre la radicalisation, a indiqué le ministre.
La ministre de la Justice, Annelies Verlinden, a elle aussi exprimé son soutien à l’importance du partage des connaissances. Des initiatives telles que ce colloque, qui permettent aux partenaires de la sécurité d’échanger informations et expertise, contribuent à une meilleure compréhension des nouveaux phénomènes et à des réponses plus ciblées. Le travail de terrain doit s’appuyer sur une analyse stratégique des phénomènes et des organisations qui menacent notre sécurité, a rappelé la ministre. Une coopération étroite entre experts académiques et acteurs de la sécurité reste à cet égard indispensable pour appréhender pleinement ces défis.
Évolution de la menace djihadiste
Après les discours d’ouverture, un panel réunissant des experts de l’OCAM, de Ceapire (Centre d’expertise et de conseil en matière de prévention et d’intervention face au radicalisme et à l’extrémisme) et de l’ICCT (International Center for Counter-Terrorism) est revenu sur dix années d’évolution de la menace djihadiste. Leur principal constat : les menaces sont aujourd’hui beaucoup plus diffuses et, par conséquent, plus difficiles à appréhender. Les réseaux extrémistes se déplacent de plus en plus vers le monde numérique, où la radicalisation et les appels à la violence peuvent se propager très rapidement. Parallèlement, la menace devient plus fragmentée, avec de petites cellules ancrées localement qui recourent à de nouvelles technologies telles que les drones, les communications chiffrées et la propagande digitale. Le panel a mis en évidence qu’un paysage de la menace en mutation rapide exige des stratégies de sécurité tout aussi agiles et réfléchies.
Présentation de mémoire par le lauréat Melvin Hasecic (ULiège)
Pour clôturer la séance plénière de la matinée, et conformément à la tradition annuelle, le lauréat du concours de mémoires de fin d’études a été invité à prendre la parole. Cette année, il s’agissait de Melvin Hasecic (ULiège), qui a présenté son mémoire de master consacré à la « manosphère ». Ce réseau de communautés en ligne comprend des sous-groupes qui expriment de vives critiques à l’égard du féminisme et de l’égalité sociale, souvent associées à des conceptions traditionnelles et affirmées de la masculinité. Selon l’analyse de Melvin Hasecic, ces dynamiques peuvent contribuer à la cyberviolence, aux tensions sociétales et, dans certains cas, même à des incidents violents.
Gert Vercauteren, directeur de l’OCAM, a confirmé l’importance de ce type de recherche : « Comprendre comment des discours polarisants s’infiltrent dans des environnements du quotidien est essentiel pour anticiper les dynamiques de radicalisation. Ce mémoire apporte un éclairage précieux sur un phénomène discret mais préoccupant. »
Des thématiques sécuritaires face à une menace en profonde mutation
Tout au long de la journée, les participants ont pris part à neuf ateliers, chacun consacré à un aspect différent du paysage sécuritaire actuel. Les échanges ont porté sur des thématiques directement liées à la protection des citoyens en Belgique, avec une attention particulière pour les nouvelles évolutions et les changements dans l’image de la menace, tels que les menaces hybrides, le suivi multi-institutionnel de détenus extrémistes, les drones, etc. Ces sessions ont constitué des moments dynamiques de réflexion collective, favorisant le dialogue entre expertises et perspectives diverses.
L’OCAM se réjouit du succès de cette édition et remercie chaleureusement l’ensemble des participants pour leur engagement et leurs précieuses contributions.
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