22/03/2026, Bruxelles – À l’occasion de la dixième commémoration des attentats du 22 mars 2016, l’OCAM s’est entretenu avec Philippe Vansteenkiste, président de V-Europe et représentant des victimes et de leurs proches. Lors de cet échange, Philippe Vansteenkiste et Gert Vercauteren, directeur de l’OCAM, portent ensemble un regard sur le passé et l’avenir : que signifie aujourd’hui cette commémoration, quels besoins subsistent et que peut apporter le dialogue pour l’avenir ?
Commémorer, une réalité quotidienne
Pour Philippe Vansteenkiste, cette dixième commémoration revêt une charge émotionnelle particulière. À présent que le procès relatif aux attentats est clôturé, de nombreuses victimes s’interrogent à nouveau sur le rétablissement, la possibilité d’avancer et l’avenir.
« Commémorer, ce n’est pas seulement une date. C’est quelque chose que les victimes portent en elles chaque jour », souligne Philippe Vansteenkiste.
Pour lui, la commémoration revêt plusieurs dimensions : elle constitue un hommage essentiel aux victimes et aux personnes décédées, mais aussi un moment de solidarité entre les victimes et la société. Philippe Vansteenkiste insiste en outre sur l’importance de faire passer, en un tel jour, le message selon lequel la terreur ne doit pas nous diviser, mais peut au contraire nous inciter à renforcer la cohésion. Il souligne également que la commémoration constitue une occasion unique de s’arrêter sur la sensibilisation et l’éducation : investir dans la connaissance et la résilience constitue, selon lui, la base d’une véritable prévention.
Le dialogue comme fondement de la sécurité, de la confiance et de la clarté
Philippe Vansteenkiste porte un regard positif sur la collaboration entre V-Europe et l’OCAM : « Ce que nous retenons surtout, c’est l’attention et l’implication avec lesquelles nous avons été écoutés. Il y avait de la place pour notre récit, pour nos questions et pour nos préoccupations. Celles-ci n’ont jamais été écartées d’un revers de la main, mais ont toujours été prises au sérieux », déclare Philippe Vansteenkiste. Il apprécie en outre que l’information ait été expliquée de manière claire et accessible, sans distance ni jargon.
Pour Gert Vercauteren, ce sentiment est partagé. Le dialogue avec des associations de victimes et de leurs proches, telles que V-Europe, aide l’OCAM à garder à l’esprit la dimension humaine de sa mission. Cela rappelle en outre que derrière chaque dossier se trouvent des personnes qui ont besoin de sécurité, de clarté et de reconnaissance.
« Les échanges avec les victimes et les associations nous maintiennent en éveil : fournir des explications claires et compréhensibles sur le terrorisme est aussi une forme d’attention », souligne Gert Vercauteren.
Dans la collaboration avec les services partenaires, notamment dans le cadre de la Stratégie T.E.R. et du partage d’informations via la Banque de données commune T.E.R., le dialogue avec V-Europe aide à faire en sorte que l’information soit non seulement traitée avec minutie, mais reste aussi compréhensible et centrée sur l’humain.
Se tourner vers l’avenir dans un esprit de cohésion
Pour les victimes, retrouver un sentiment de sécurité n’a rien d’évident. Des lieux tels que les métros, les aéroports ou les salles de concert peuvent rester durablement associés à l’angoisse. Philippe Vansteenkiste souligne qu’une explication claire des niveaux de menace aide à mettre l’angoisse en perspective. Même un niveau 3, qui peut sembler inquiétant pour beaucoup, peut apporter de l’apaisement lorsque l’on comprend ce qu’il signifie et avec quelle rigueur la situation est suivie.
V-Europe plaide dès lors pour la poursuite de contacts réguliers, par exemple sur une base semestrielle. De tels moments offrent non seulement une possibilité d’échange d’informations, mais aussi de reconnaissance et de proximité.
L’OCAM partage cette vision : pour l’organisation, se tourner vers l’avenir signifie avant tout continuer à écouter et à communiquer en toute transparence. En ancrant le dialogue de manière structurelle dans son fonctionnement et en expliquant clairement ses processus, l’OCAM entend continuer à renforcer la confiance et l’attention portée aux personnes.
Construire ensemble l’avenir
Dix ans après les attentats, le 22 mars reste donc non seulement un jour de mémoire, mais aussi de cohésion. L’entretien entre Philippe Vansteenkiste et Gert Vercauteren montre combien il est important de ne pas seulement commémorer les victimes et les proches de victimes, mais aussi de les associer activement à la manière dont nous voulons avancer en tant que société.
Commémorer est un moment,
Le dialogue est un cap,
C’est ensemble que nous regardons vers l’avenir.
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